Vous êtes enseignant en APA et vous ne savez pas comment prendre en charge un patient atteint d’Artérite oblitérante des Membres inférieurs ?
Vous êtes médecin et vous ne savez pas comment prescrire l’APA pour votre patient ?
La prévalence de l’AOMI qui est indépendante du genre est estimée à 2 % chez les personnes de plus de 55 ans et à 40 % après 80 ans
Elle touche donc principalement les personnes âgées.
Le tabagisme multiplie par 2 à 3 le risque d’AOMI, et multiplie par 3 le risque d’évolution d’une AOMI asymptomatique vers une ischémie chronique critique.
N’oublions-pas d’en parler avec nos patients !
Vidal : recos
Des recommandations de prise en charge sur le VIDAL, comportant quelques recommandations sur la pratique d' »exercice physique » dans les règles hygiénodiététiques et de réadaptation à la marche en « milieu médical ».
PAS ASSEZ SELON NOUS !
Des recommandations de pratique d’activité physique adaptée en prévention primaire, secondaire et tertiaire devraient être recommandées !
POURQUOI ?
Car on sait maintenant que :
L’activité physique adaptée contribue à :
- L’augmentation du périmètre de marche,
- La diminution des dépôts d’athérome dans les parois des vaisseaux,
- La modification des seuils de douleur et de la perception de la douleur,
- La baisse de la mortalité globale et cardiovasculaire,
- L’amélioration de la qualité de vie,
- La diminution des facteurs de risque cardiovasculaires.
Alors l’APA dans l’AOMI : OUI +++
Comment prescrire ?
Alors utiliser l’outil sportsanteclic oui mais… d’où viennent les recommandations ?
Des recommantations de la littérature : revue de la littérature (HAS, Pub Med,…) et recommandations d’experts en cardiologie :
Un ECG de repos et la recherche échographique d’un anévrisme de l’aorte abdominale sont recommandés.
L’obtention d’un arrêt total et définitif du tabagisme est essentielle : envoyer votre patient vers un tabacologue ou bien lire les recommandations HAS pour l’arrêt du tabac ici :
Traitement médical : une prescription médicale standardisée pour l’AOMI :
Le traitement médical pour les formes symptomatiques associe les antiagrégants et les hypolipémiants avec au premier rang les statines.
Pour la pratique de l’APA, on note cependant quelques précautions :
- Attention aux chocs avec risque d’hématomes pour les antiagrégants type clopidogrel.
- Attention aux risque de douleurs musculaires avec les statines.
Concernant les règles hygiénodiététiques, elles sont apprises dès l’internat par les médecins mais restent vagues en pratique… On sait tous qu’il faut les conseiller (bouger plus… manger selon le « régime méditerranéen »… « pas trop de charcuterie ou de fromage »)….mais COMMENT les conseiller?
L’APA comme médicament !
QUELLE « POSOLOGIE » POUR L’APA ?
30 à 60 minutes, 3 à 5 fois par semaine, à débuter progressivement, soit d’emblée, soit après réadaptation vasculaire en centre de rééducation.
La marche reste l’activité la plus efficace mais en cas de difficultés pour le patient à réaliser un entraînement basé sur la marche, d’autres AP (cyclisme, ergomètres sollicitant le haut et/ou le bas du corps, exercices statiques des membres) doivent lui être prescrites.
Ex. de programme pour la marche :
- 3,2 Km/h à 0%
- Si 8 minutes sans pause, +0,3 Km/h
- Si la vitesse atteint 5km/h, augmenter la pente de 1%
- S’arrêter de marcher dès que l’inconfort atteint 7/10 (ou 3-4/5) et attendre que l’inconfort disparaisse avant de reprendre.
- Attention : la douleur et l’arrêt entre chaque série peut décourager le patient, à prendre en compte.
« No pain, no gain » doit guider la marche (« pas de douleur, pas d’amélioration ») : marcher à un rythme qui induit de la douleur (7/10 ou claudication maximale) pour améliorer de façon significative la capacité de marche des patients soufrant d’AOMI.
Ne pas oublier d’associer du renforcement musculaire et le travail sur l’équilibre et la proprioception.
En cas d’amputation, dans les cas complexes, possibilité de pratiquer en décharge des membres inférieurs (Prise en charge par un MKDE (kinésithérapeute) conseillée).
Prendre en compte la triangulaire suivante : bénéfices/risques/plaisir lors de l’entretien motivationnel avec votre patient :
Trouver une activité ludique pour son patient
Pourquoi pas la cani-rando adaptée !!!
